Les trois plus beaux jours de ma carrière! L’école de mes rêves. Pas un bruit, pas un élève, pas un collègue! Je peux en toute liberté boire du café dans tous les mugs de la salle des maitres et les laisser traîner dans l’évier! Je me trémousse nue, sous mon peignoir en pilou dans les couloirs de l’établissement, en chantant à tue-tête les meilleures chanson de Michel Sardou, et me photocopie le postérieur en 150 exemplaires!

Passées ces heures de sublime euphorie, je ressens l’impérieuse nécessité de me discipliner un peu. Premier objectif, réinventer mon espace de vie. L’occasion pour moi de me tourner vers l’esprit Marie Kondo, je ne garde que l’essentiel: ma collection d’animaux empaillés, que je dispose harmonieusement dans la pièce. En revanche, je me débarrasse de toute la paperasserie que mes collègues aiment entasser dans tous les coins.

Je me penche ensuite sur le réseau informatique de l’établissement. Un bon nettoyage en profondeur, ici encore, le minimalisme s’impose. Je vide tous les ordinateurs pour ne laisser que mon portrait en fond d’écran. J’imagine le bonheur de mes collègues devant tout cet espace libre!

Et puis, ma conscience professionnelle me rattrape. Je réfléchis aux commandes de matériel nécessaire pour l’année prochaine. Ne souhaitant pas mettre en péril la santé des employés de livraison, je vais directement faire mes emplettes dans les classes de mes collègues. C’est fou tout ce qu’ils peuvent avoir en trop dans leurs armoires!

Fatiguée de tout ce travail, je me couche, heureuse de ma condition de réfugiée pédagogique. Demain, je tenterai de joindre mes élèves pour leur réclamer le travail que je ne leur ai pas donné et les accuserai de ne pas s’engager dans la belle dynamique de la nation apprenante! Quel bonheur que ce confinement…

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